Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

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Brunette.
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Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Brunette. » mar. août 11, 2009 18:09

Lorsque vous étiez petite (et jusqu'à votre départ), comment était l'ambiance au sein de votre famille ?? Calme, sous tension ou carrément insupportable ? Pensiez-vous que vos parents étaient heureux ensemble ? L'un de vos parents a-t-il déjà, même une seule fois, émis l'éventualité d'un départ (ou pire) sans pour autant l'avoir fait ? Est-ce que certaines disputes ou confidences ( de l'un ou de l'autre) vous marquaient beaucoup au point de vous enfermer et de pleurer ou de commettre qqch de plus grave ?

On parle peu (enfin je trouve) de ces problèmes autour de soi au point presque de me demander si cela ne serait pas tabou ?? Peut-être que certaines, qui n'avaient pas une ambiance super géniale chez eux, en ont gardé encore des traces aujourd'hui (peur de l'engagement, manque de confiance en soi ou du partenaire, etc ...)

Voilà, lâchez-vous !

Une citation de Boris Cyrulnik qui me parle beaucoup :
La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême
mystie

Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar mystie » mer. août 12, 2009 18:05

:x
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Nénète78 » mer. août 12, 2009 18:46

Une ambiance complet pourrie, et pourtant je pense pouvoir dire que j'ai eu une enfance et une adolescence très heureuse... mais mes parents n'étaient pas heureux ensemble, on s'est souvent posé la question de savoir pourquoi ils ne divorçaient pas, et au final on a jamais osé leur en parler.

Les disputes entre eux m'énervaient, mais j'avais ma sœur donc on en parlait beaucoup, et ça m'a aidé à ne pas me renfermer.

Par contre ma mère était alcoolique et dépressive, je pleurais quasiment chaque soir, mais c'est super bizarre parce que j'ai toujours été très optimiste et donc personne de mon entourage n'aurait pu le soupçonner.

On ne parlait pas de ces choses là ni avec mon père, ni avec ma mère, c'était très tabou. Quand j'avais 19 ans, ma sœur a enfin envoyé un mail à ma mère pour lui dire tout ce qu'on avait sur le coeur, et je crois que ça l'a beaucoup aidé.
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar AliceSprings » mer. août 12, 2009 22:26

j'ai vécu avec mes deux parents jusqu'à mes 9ans (j'en ai 21)
et l'ambiance à toujours était géniale, je suis fille unique (enfin j'étais) et mes parents étaient jeunes insouciants et fetard lorsqu'il m'ont eu!

c'était la fete tous les weekend, il y'avait souvent du monde à la maison, ils avaient des tas d'amis qui me gardaient de temps en temps j'étais le bébé de la bande quoi!
enfin j'ai eu une enfance très heureuse, mais ça a commencé à se gater vers mes 8ans et bon même si je n'ai aucun souvenir de la séparation en tant que moment T je me rappelle que je pleurais et m'enfermais dans ma chambre à chaque dispute!

mais sur le coup je l'ai pas mal vécu, c'est plutot vers mes 15/16ans que j'ai eu le contre coup et que j'ai eu super mal, j'ai fait une mini psychothérapie et ça allait mieux!

après lorsque je vivais seule avec chacun de mes parents (garde partagée) l'ambiance était parfois pesante: etre h24 seule avec un de ses parents c'est pas forcement facile, d'autant que ma mère avec une petite dépression suite à la séparation et me transmettait pas mal ses angoisses, donc pas facile à gérer (plus l'organisation etc...)

bon mais sinon, depuis quelques années, ça va beaucoup mieux, la je vis avec mon père, sa copine et mon petit frère (leur fils donc!) et ça se passe plutot bien, si ce n'est qu'avec ma belle mère c'est parfois tendu
quand elle est fatigué elle est pas forcement très agréable et c'est difficile a gérer quoi!
et elle part au quart de tour et à parfois l'impression qu'on s'acharne contre elle si on est pas d'accord avec elle, mon père et moi!
bref, ya parfois des périodes hyper pesante pour moi (comme en ce moment par exemple) mais bon on fait avec :)
le reste du temps on est une famille heureuse et moi ça me fait beaucoup de bien de retrouver une vraie vie de famille 'classique' c'est plus cadrant et plus rassurant pour moi (même si je suis grande!)


quand à ma mère, ça va beaucoup mieux depuis qu'on habite plus ensemble :)
même si on a toujours été plus ou moins fusionnelles (les relations mères-filles, vous savez sans doute ce que c'est!)
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Shyrelle » jeu. août 13, 2009 14:09

(Bon, c'est très long, alors j'ai mis en quote ce qui est très détaillé, et laissé en texte normal ce qui résume comment je me sens aujourd'hui.)

Alors, pour ma part, l'ambiance au sein de ma famille m'a laissé des traces, effectivement...

Bon, déjà, s'il y a bien une chose que je ne peux pas prêter à ma famille c'est la violence. Aucun de mes deux parents n'a jamais été violent envers aucun de ses enfants ni de son conjoint.
Mes parents se sont toujours aimés, je l'ai toujours vu... Mais mon père a un caractère difficile, et ma mère a tendance à ne pas savoir se remettre en question et se placer en victime.. Mon père est du genre silencieux, du genre à ne pas parler s'il n'en a pas absolument besoin. Je suis un peu comme lui, mais j'essaie d'arranger ce côté trop discret. Donc j'ai besoin un peu plus que lui de parler, notamment avec mes amis et mon copain. On pouvait parfois rester toute une journée ensemble sans s'adresser un mot, pourtant on ne se faisait pas la tête, c'est juste qu'on n'avait rien à se dire.. Mon père est aussi un grand pudique des sentiments. Les seules fois où je l'ai entendu me dire je t'aime, c'était quand il avait un coup dans le nez, et il doit avoir un coup dans le nez à peu près 2 fois par an.. donc autant dire très rarement. Il a tendance à ne communiquer que les sentiments négatifs et à préférer faire une critique sarcastique que de faire un compliment. Avec le temps je m'y suis fait, mais j'avoue que parfois j'aurais aimé un peu plus d'enthousiasme de sa part.

Ma mère menaçait souvent de partir.. et elle l'a fait 2 fois alors que j'étais toute petite. Je n'ai jamais réussi à savoir pourquoi.. je me souviens qu'on était parties à chaque fois en pleine nuit, pendant que mon père bossait. Et qu'elle lui laissait juste un mot sur la plaque qui recouvrait la gazinière.


Ce qui m'a vraiment laissé des traces, c'est la manière dont ils ont géré mon surpoids... ça, je peux dire que ça a été une vraie souffrance pour moi, et ça l'est encore aujourd'hui.
J'ai commencé à grossir vers mes 12 ans. Rien de grave, mais j'étais un peu potelée. Et ma mère n'a rien trouvé de mieux que de me mettre sous régime forcé plusieurs fois.. Elle me faisait sans cesse des remarques acerbes: "tu es trop grosse" "personne ne voudra de toi" " tu me coûterais moins cher en photo" (parce que je mangeais apparemment trop...). En fait, ils n'ont jamais compris que toutes ces réflexions m'ont enfermé dans une relation de haine avec moi-même. Depuis que j'ai 11/12 ans, je hais mon corps, mon reflet dans le miroir, je me hais même tout court. J'avais sans cesse des réflexions à l'école aussi, et quand je rentrais chez moi, je voulais du réconfort. Mais en guise de réconfort, j'avais encore et toujours des réflexions désobligeantes sur mes formes. Alors, comme rien ne me réconfortait, je mangeais. En cachette, j'ouvrais des paquets de chips, de gâteaux, et je planquais les boîtes vides. Ma mère n'était pas dupe alors elle se mettait encore plus en colère. Des fois je la laissais croire que c'était mon père. Petit à petit, ces petites compulsions se sont transformées en vraie boulimie.. D'abord une hyperphagie boulimique (aucune compensation pour perdre les calories ingurgitées), puis petit à petit une boulimie sans vomissements: un jour je mangeais pour 3 plusieurs fois par jour, les 2 jours qui suivaient je ne mangeais absolument rien.

La nourriture était devenue à la fois mon alliée et mon ennemie.. j'ai pris énormément de poids.. jusqu'à devenir, selon mon imc, obèse.

J'ai donc eu des problèmes de nourriture de mes 12 ans à mes 23 ans. 11 ans de calvaire... 11 ans à grossir sans cesse un peu plus. 11 ans à être fliquée par mes parents, critiquée, montrée du doigt, ma mère a même été jusqu'à me laisser une semaine chez mon frère en lui donnant pour consigne qu'elle voulait me voir rentrer à la maison amaigrie. Evidemment ça n'a pas marché. J'avais l'impression d'être une honte pour eux. Mon père ne disais jamais rien aux réflexions de ma mère. Lui, c'était plutôt les remarques qui tuent, du genre "t'as des gros bras, des gros mollets, un bourrelet" ou des trucs comme ça..
Quand j'allais dans ma famille, j'étais fliquée aussi.. évidemment ma mère était passée par là et je n'avais pas le droit à tout. J'étais sans cesse jugée, surveillée..
Ma grand-mère maternelle, de son côté, m'a toujours soit rabaissée, pour mon poids, soit ignorée. Elle était gaga devant les enfants de ma tante... mais moi j'avais pour seule considération un "ça va à l'école?".
Elle a commencé à avoir de l'estime pour moi uniquement quand je suis allée à la fac.. je suis la seule personne de la famille à avoir un diplome au dessus du bac... qui plus est en philosophie. Aujourd'hui je ne lui parle plus... J'ai habité 3 mois chez ma tante en arrivant sur Paris il y a presque 3 ans.. je devais continuer mes études sur un master. Et puis ma tante a été ... un tyran. Elle a commencé à me faire faire ses corvées ménagères à sa place. Puis ma grand mère est venu habiter chez elle. On était donc trois. Je faisais le ménage pour tout le monde... mais ce n'était jamais assez. Je passais mes soirées sur l'ordi à bosser mes cours, pendant qu'elles me critiquaient en disant que j'étais accro au net. Tous les soirs je les entendais raconter des "saloperies" sur ma famille, mes soeurs et frère, et moi évidemment. Elles ont été jusqu'à essayer de monter ma famille contre moi en allant dire à ma mère et ma soeur que je ne faisais rien dans la maison... J'ai décidé de partir, j'ai trouvé du boulot, j'ai du arrêter les études. Je ne parle donc plus ni à ma tante ni à ma seule grand mère vivante.

Un jour en rentrant de l'école, je devais avoir 17 ans, j'ai eu une violente dispute avec ma mère. Je lui ai bien fait comprendre que ses remarques me faisaient plus de mal que de bien. Pour elle, elle faisait ça pour mon bien. Mais n'avait-elle pas remarqué, en 6 ans de remarques acerbes, que le seul effet qu'elles avaient sur moi, c'était de me faire grossir?

Après cela, elle s'est beaucoup calmée. Mais j'ai toujours droit à qq remarques bien placées.. et je sens toujours qu'elle est obnubilée par mon poids. Toujours à vérifier sur les photos que je lui envoie si j'ai maigri...
Des petites remarques du genre "cette robe te va bien, dommage que tu sois trop grosse".


Pour résumer, après tout cela, je n'ai pas un sens de la famille très ... développé. Voire même plutôt le contraire.
Mes relations avec mes parents se sont améliorées depuis que je suis partie, parce que je ne les vois plus tous les jours et que je les appelle rarement. Les rares moments qu'ils partagent avec moi sont donc pour eux primordiaux et ils évitent ainsi de me dire des choses négatives. Je dirais même que ma mère a tendance à devenir adorable avec moi sur mon physique au fil du temps.. mais je retrouve toujours cette part d'obsession sur mon poids au détour d'une conversation. Je pense qu'elle s'en veut, qq part. Elle a l'air d'essayer de rattraper ses erreurs.. me dit tout le temps qu'elle m'aime, que je leur manque, etc...

Une de mes deux soeurs, quand à elle, m'a avoué juste avant que je parte de chez mes parents pour Paris, que c'est elle qui avait suggéré à ma mère de me faire de sales réflexions pour que j'aie le déclic.
J'avoue lui en vouloir...
Elles voyaient toutes les deux que j'allais mal et que ces remarques ne m'aidaient pas, et au lieu de venir me parler pour savoir ce qu'il se passait, elles ont préféré continuer à me détruire?
J'ai du mal à comprendre et à pardonner cela...

Je ne suis donc pas très famille, pas très réunion de famille...
Et la plus grande trace qu'a laissée cette relation familiale, c'est mon très grand manque de confiance en moi. Il est presque au niveau zéro. J'ai traversé plusieurs épisodes de dépression très violents. J'ai même envisagé de mettre fin à mes jours.
La plupart du temps, je me sens moche, grosse, inutile. Je ne comprends pas comment mon conjoint peut m'aimer.
J'ai sans cesse besoin d'être rassurée et réconfortée, un peu comme si la petite fille en mal d'amour était toujours là, en moi.
J'avais entrepris une thérapie pour me sortir de la dépression et de la boulimie... j'étais tombée sur une mauvaise thérapeute, ça m'avait découragée. J'ai arrêté. Aujourd'hui j'aimerais reprendre.
Notamment parce que depuis 3 ans j'essaie de reprendre des études, en vain.
Je ne me retrouve en rien, je ne sais plus qui je suis.. Je me suis perdue toutes ces années à me haïr, haïr mon corps, me renfermer sur moi-même, me persuader que je ne valais rien.

Aujourd'hui je me réveille petit à petit, avec plein de "boulets", qui trainent à mes pieds.
J'ai beaucoup écrit là dessus... cela m'a beaucoup aidée. Je dirais que c'est la seule positive que je retire de tout cela: être capable de mettre les mots justes sur ce que je ressens et toucher les gens avec ça.. chaque personne qui a lu mes textes en ressort chamboulée... c'est ma seule fierté, un talent que j'ai malgré moi.

Et quand je pense à avoir des enfants, je me demande comment je vais bien pouvoir faire pour leur offrir un environnement assez sain et équilibré pour qu'ils ne vivent jamais ce que j'ai vécu, et qu'ils n'aient pas à haïr leur famille pour tout le mal qu'elle leur aurait fait.
J'ai parfois haïs mes parents, je n'ai pas honte de le dire. Aujourd'hui je commence à être beaucoup plus apaisée. J'arrive désormais à parler à ma mère de ma relation amoureuse, de ma vie, de ce que je ressens.. alors que j'ai toujours été murée dans le silence.. pour me protéger... de peur qu'elle trouve une autre porte où s'engouffrer pour me critiquer.

Depuis maintenant 8 mois je n'ai plus fait aucune crise de boulimie. Quelques fois, quand ça ne va vraiment pas, j'en ai envie. Alors j'achète des choses. Et puis au bout de qq bouchées je suis écœurée, et j'arrête. Ce qui fait qu'au final, je ne fais pas de crise.

Ma famille m'a laissé plus de blessures que de pansements... et j'ai aujourd'hui beaucoup de choses à régler avant de pouvoir dire que je suis apaisée et en confiance avec eux. Notamment, apprendre à m'aimer et m'occuper de moi, au lieu de me haïr et me faire du mal.. J'ai toujours en moi cette sensation de n'avoir jamais mérité l'amour de personne.

(désolée pour la longueur...)
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Choco Marj » jeu. août 13, 2009 18:57

C'est difficile de répondre en détails parce que c'est quand même très personnel.

Mes parents ont divorcé quand j'étais petite (j'avais 6 ans). Je me souviens vaguement de grosses disputes, mais sinon je n'ai pas trop de souvenirs de mes parents mariés. J'ai vécu avec mes frères et sœurs (plus jeunes) chez ma mère, avec le fameux "un week-end sur deux et la moitié des vacances" chez mon père. Pas trop de soucis au début.

Ça s'est corsé quand mon père s'est remarié, pour tout un tas de raisons. Les rapports avec sa femme étaient très conflictuels. Et puis à l'adolescence mon frère a commencé à se prendre pour le mâle de la maison, il restait à la maison au lieu d'aller en cours et devenait très agressif. Il a eu du mal à accepter le divorce je pense, il a sûrement eu du mal à se construire dans une maison pleine de nanas avec un père qui ne s'impliquait pas du tout. Ma mère a fait de gros efforts pour lui, pour l'aider, pour le bouger, mais il n'y avait rien à faire. Un jour ça a dérapé plutôt violemment et il a quitté la maison.

Après ça l'ambiance était nettement plus agréable, et passer cette "épreuve" m'a rapproché de mes sœurs. J'ai finalement quitté la maison à 22 ans (ma maman vivait dans la ville où je faisais mes études, elle a déménagé et moi je suis restée).

Bref : pas trop mal au début, vraiment dur à l'adolescence, et apaisé après. Normal en fait ^^
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar LallaRookh » jeu. août 13, 2009 22:26

Shyrelle, ton récit touche parce que ça sort des tripes mais qu'en même temps c'est raconté presque de manière objective, un peu comme si tu jouais le rôle d'un observateur extérieur. On ressent d'autant plus ta douleur qu'elle a l'air d'être contenue, voire maîtrisée...

En tout cas ça m'a fait bizarre de lire ton premier paragraphe (en citation), je m'y suis totalement reconnu, et j'y ai aussi vu mon père... Mon père qui s'est donné la mort 1 an et demi après son divorce d'avec ma mère (auquel j'ai activement contribué, voyant qu'aucun n'était heureux et que l'ambiance à la maison devenait de plus en plus insupportable), il était parti vivre à plusieurs centaines de km et je ne l'avais revu qu'une fois... Tu peux pas savoir à quel point je m'en suis voulue de ne pas avoir eu le temps (et ne pas avoir eu la volonté non plus) de lui pardonner et de lui faire sentir que je l'aimais malgré tout... Un parent reste un parent, quoi qu'il se passe.

Bref tout ça pour te dire que c'est tout de même courageux de ta part de garder contact avec eux, malgré tout le mal qu'ils t'ont fait (consciemment ou non). Et je te souhaite sincèrement tout le bonheur du monde. On sent à travers ton récit que tu as une confiance en toi, une estime et une image de toi complètement déformée à cause de ton passé. J'espère que tu auras la chance de rencontrer un professionnel qui t'aide à t'accepter et à regagner tout cela.
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Shyrelle » ven. août 14, 2009 0:14

Merci LallaRockh :wink:

Effectivement, ma douleur est assez contenue, presque maîtrisée. J'ai appris avec le temps à ne pas trop la laisser m'envahir. Mais comme tu as pu le deviner c'est assez récent, puisque jusqu'ici je me plongeais dans les crises de boulimie à la fois pour calmer mes angoisses et me punir (de ne pas avoir réagi, avoir eu plus de caractère, ou encore pour m'être laissée grossir autant.. parce qu'aujourd'hui je galère à retrouver un poids de forme).

Souvent, je pense à mon père. Plus qu'à ma mère, je ne sais pas trop pourquoi.. Je vis loin d'eux, et je n'ai pas vu mon père depuis bientôt 2 ans. Ma mère depuis 1 an. J'ai peur que l'un ou l'autre disparaisse sans que je leur ai "pardonné" avant. J'ai réussi assez tôt à admettre que je n'arriverais jamais à leur faire admettre qu'ils ont fait des erreurs. Pas qu'ils ont été des parents indignes, ni qu'ils ne m'aimaient pas, mais juste, qu'ils ont commis des erreurs avec moi qui ont été lourdes de conséquences pour moi (malheureusement). Parce que j'étais quelqu'un de réservé et timide, et que j'ai refermé encore plus ma coquille chaque fois que je me suis sentie attaquée, au lieu de l'ouvrir et me battre.
J'aimerais passer à autre chose. J'aimerais apprendre à aimer la vie, les gens.. la plupart du temps je suis épuisée par leur égoïsme, et leur "connerie" me touche profondément. Je me dis des fois que je ne suis pas faite pour ce monde là, tout en me disant après réflexion que c'est tout simplement que je me suis construit, petite, un monde à moi, dans lequel me réfugier et me sentir protégée. Le monde que je n'avais pas chez moi en rentrant de l'école. Le monde où je me voyais m'épanouir dans un talent et être enfin reconnue et respectée. Et ma colère est d'autant plus forte certaines fois que tout cela m'a perdue dans mes objectifs.. j'étais très motivée à réussir, et puis aujourd'hui je n'ai plus que l'ambition de survivre.

J'attends d'avoir du boulot pour reprendre une thérapie, car mine de rien ça coûte quelque chose.. J'espère encore parfois pouvoir parler de tout cela calmement avec mes parents. Et je me sens plus forte de les affronter grâce à mon conjoint, qui voit en moi tout ce que je n'ai jamais su voir.

Certains diront que je suis courageuse, moi j'ai l'impression de faire avec ce que j'ai et me démerder...

Je comprends ce regret que tu peux avoir de ne pas avoir eu ou pris le temps de "pardonner". Et pour moi c'est une peur: leur laisser l'image d'une fille qui leur en veut d'avoir été ce qu'ils ont. Je n'ai jamais manqué de rien (sauf peut-être d'affection plus bienveillante), et ils sont toujours là pour moi quoiqu'il arrive, mais j'ai encore besoin, à 800 km d'eux, de ne pas leur donner de nouvelles régulièrement.
Pourtant, il ne se passe pas un jour sans que je pense à eux.. et pas forcément en me disant que je leur en veux..

Les relations avec nos parents doivent être les plus compliquées au monde, car comme tu l'as si bien dit, un parent reste un parent, quoi qu'il arrive, et il arrive toujours un jour où est pris par ce sentiment indétrônable venu de nulle part qu'on appelle l'amour, qui nous donne envie de croire à quelque chose de plus... simple.

Je suppose aussi qu'en grandissant, on s'apaise..
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Dakota.
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Dakota. » ven. août 14, 2009 14:36

EDIT parce que je me rend compte que je raconte trop ma vie enfait...

J'habite toujours chez mes parents (j'ai 19 ans en même temps, et j'ai a peine fini le lycée...)

Je vis avec ma mère et mon beau père depuis 5 ans. Mes parents ont divorcé quand j'avais 8 ans. J'ai habité au début avec ma mère, avant qu'elle rencontre mon beau-père. Puis j'ai habité pendant 5 ans avec mon père à Londres.

L'experience d'habiter avec mon père c'était la plus horrible de ma vie. Autant quand mes parents étaient ensemble c'était un peu comme le père "parfait". On était suuuper gatées moi et mes soeurs. Il nous emmenait partout, on avait tout le temps des cadeaux, plein de fringues etc... et il était très tendre avec nous, on était un peu ses "princesses". J'étais sa "fierté", la plus belle, la plus intelligente, celle qui va faire de longues études, devenir quelqu'un d'important...

Mais quand on est partie habiter seules avec lui c'était l'opposé. Je passe les détails, mais il était hyper violent. Mes deux soeur sont restées ses chéries, moi j'étais sont souffre douleur. Il suffisait d'un rien pour qu'il me retourne des droite. Puis y a eu la ceinture, coté boucle. Une fois quand j'avais 12 ans il m'a poussé du haut des escaliers (putain je suis entrain de trembler en écrivant sur lui...) Après, pour se racheter, il m'achetait des cadeaux, des habits, me donnait de l'argent et pas des sommes de merde... Il promettait qu'il ne leverai plus jamais la main sur moi. Et le soir meme c'était reparti. J'ai jamais osé en parler à l'école, à l'époque j'étais obsédée par l'idée d'etre "normale" donc ça doit etre pour ça. Il s'en prenait a mes soeurs de temps à autre mais plus rarement. Une fois il a dispensé ma soeur de piscine parce qu'elle avait des marques bleues-violettes énormes sur les fesses et les cuisses. Je savait qu'il était violent, c'est parce qu'il tappé sur ma mère qu'elle l'a quitté mais j'aurai jamais imaginé qu'il puisse l'etre à ce point. Il était archi stricte. Il avait des règle insensées, comme l'interdiction de parler à table. Si on ouvrait la bouche on se mangeait des coup de ceinture. Il s'imaginait tout le temps que je mentais, pour des choses insignifiantes, et je me prenais des raclées pour ça... Après y avait les insultes... J'ai encore des séquelles de ça, je pense que mon désir de tout controler, de chercher à être parfaite viens de là.

Pour la faire courte on est retourné vivre avec ma mère parce qu'il magouillait des truc pas nets dans l'entreprise ou il travaillait, disons qu'il mettait de l'argent pas a lui dans ses poches. Et c'est comme sa que la police l'a choppé, arrêté, il a même fait de la prison et on est reparti en France... (c'est bizare de me dire qu'il a été en prison, il a trop pas le "profil" a la base)

Je le DETESTE ce c*nard. Quand on parle de parents avec mes amies, et que je dis que je hais mon père, que je serai contente d'apprendre qu'il est entrain de crever, on me dit que je dis ça comme ça, que c'est une crise d'ado tardive... mais je suis serieuse, je lui voue une haine inqualifiable. Il m'a contacter via facebook en janvier, et il a essayer de remettre a jour son numero de père parfait victime d'un complot de ma mère ; a savoir que c'est un grand manipulateur parano bipolaire ou schizo ou je ne sais quoi mais pour lui, tout le monde avait un truc contre lui : à un moment, avant qu'ils ne divorcent, il était convaincu que ma mère avait corrompu toute la police française et qu'il étaient après lui a cause d'elle (parce qu'a l'époque aussi il traffiquait des trucs pas clair et il avait des comptes qu'il n'était pas sensé avoir) Ma mère a essayer de le faire suivre par un psychiatre pour son bien, mais pour lui ça faisait parti du complot. Il m'a dit des choses genre "tu sais que tu as un pere qui t'aime et sur qui tu peux compter ; on m'a empecher de te contacter"... J'ai meme pas répondu tellement je me fiche de ce connard, de sa vie, de sa tune, de ses excuses, et vu la tonalité de son message il n'a pas changé meme après plusieurs années de prison. J'aimerai pouvoir l'atteindre mais je pense pas que j'y arriverai un jour. J'aimerai trop apprendre qu'il est mort et hériter de son argent en tout cas... mais on peut toujours rêver.
Dernière édition par Dakota. le dim. janv. 10, 2010 22:28, édité 2 fois.
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar Brunette. » dim. août 16, 2009 19:40

Ca me touche vos histoires :cry:
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Re: Le quotidien au sein de la famille: témoignages/confidences

Messagepar *Marion* » dim. janv. 10, 2010 22:03

Oui vos histoires sont très touchantes. Dakota la violence que tu as vécu... c'est révoltant ...

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