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melody Glam'bulleuse

Inscrit le: 20 Juil 2007 Messages: 358 Localisation: yvelines
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 20:33 Sujet du message: |
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Bon, moi je dois quand même rebondir sur ce que je disais tout à l'heure.
J'ai du passer pour une réac' mais je persiste.
Je pense que, même si je n'ai pas vécu mai 68, je peux mesurer les conséquences de ce bouleversement social et culturel sur la [/b] pédagogie[b].
Quand j'ai fait mon année de préparation à l'IUFM, la question du cours magistral était taboue. Ce n'est qu'un exemple, mais il témoigne d'une évolution de la place de l'élève.
Je ne dis pas que c'était mieux, mais avant il n'avait le droit que d'écouter le prof, pas de revendiquer, pas de donner son point de vue. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse. Il faut faire des cours dialogués, donner la parole à l'élève, lui donner l'impression que sa parole vaut tout autant que la notre. C'est l'élève au centre du système.
Moi je suis pour remettre le prof au centre du système !
Et ça, je suis désolée, mais je pense bien que ce sont des dérives des expérimentations pédagogiques faites dans les années 70 qui en sont responsables. |
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Nina Prêtresse du Glam

Inscrit le: 29 Juin 2007 Messages: 3370 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 20:43 Sujet du message: |
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mais non melody, personne ne te prend pour une réac'.
Personnellement, je ne connais pas la "nouvelle pédagogie"; dans mon école, on se levait à chaque entrée de professeur, et on se la fermait, vu que pour nes profs nous étions des imbéciles.
Mais tu penses que ces expérimentations dans les années 70 sont des applications de la pensée 68? _________________ Rrrrrrrrr
IL a FAIM (eh ouais, toujours)
GRG en force!! |
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melody Glam'bulleuse

Inscrit le: 20 Juil 2007 Messages: 358 Localisation: yvelines
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 20:50 Sujet du message: |
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Je pense que si mai 68 n'était pas passé par là, ça n'aurait jamais pu être pensé ! |
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eveange66 Glam'bulleuse
Inscrit le: 03 Oct 2007 Messages: 443 Localisation: IDF
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 22:15 Sujet du message: |
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J'avais 3 ans en 68 mais, au delà du vécu ou de l'acquis (j'ai quand même bien vécu les années 70, héritières de 6 , je peux raconter le ressenti de mon père,qui nous en a fait le récit.
Lui travaillait dans la presse à l'époque : rien ne fonctionnait à Paris, tout était bloqué.
Avec certains de ces camarades (mon père socialistes véritable des premier temps, et cégétiste convaincu, mais dans le sens de la solidarité entre camarade, pas pour ses intérêt perso), il est parti à la Sorbonne pour discuter avec les étudiants qui bloquaient et occupaient les locaux.
Il a dormi à Paris ne pouvant rentrer chez nous (la Seine et Marne, la cambrousse quoi pour les gens de l'époque, enfin les opinions ont peu changées... à ce sujet).
Bref un grand désordre.
Ceci est l'avis et le ressenti d'une personne d'une trantaine d'années de l'époque, père de famille.
Je trouve que c'est aussi interessant d'avoir un avis autres que les acteurs direct de 68.
Mon père, qui a longtemps revendiqué son statut d'ouvrier (mais la crême des ouvriers, parait il, dans l'imprimerie), a toujours un peu méprisé 68, la qualifiant de révolution de bourgeois (et ce dernier mot n'étant pas un compliment dans sa bouche...) et soulignant le peu de suivi des salariés des usines, de la province, des ouvriers et employés, de la base quoi.
Bon je ne sais pas trop si c'est vrai, mais lui a eu accès à des sources particulières.
Et je connais bien mon père et sa franchise et honnêteté intellectuelle pour le croire. Au moins sur ce point là.
Claudine, qu'en dis tu ?
Si nous avons tous bénéficié des acquis de 68, qui en a été les vrais acteurs : un tout petit nombre d'urbains cultivés ayant accès à l'instruction ou bien le cercle était il plus large ?
Peut être le cercle s'est il élargi dans les années qui ont suivi avec la prise de conscience d'autres couches de la population....
Autre point de vue : mes futurs ex beaux parents, 20 ans en 68, jeunes mariés, vivant en rovince dans une grande ville, salariés, n'ont pas du tout vécu 68 comme à Paris, plutôt comme un lointain bazar pas très bien compris.
Cependant, il est vrai que la société corsetée de l'époque leur pesait aussi . |
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Claudine Messagère du Glam

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 641 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 22:22 Sujet du message: |
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Melody. Je crois que les choses ne sont pas si simples.
En mai 68, quand les élèves que nous étions réclamaient le droit à la parole, ce qu'il voulaient/imaginaient, ce n'est pas du tout ce qui se passe aujourd'hui dans les écoles, les collèges, les lycées et même dans les familles.
Nous n'avions pas le même rapport aux mots et aux idées, ni aux autres, ni surtout au savoir qui nous impressionnait beaucoup plus qu'aujourd'hui: prendre la parole, ce n'était certes pas dire n'importe quoi, ni considérer que tout se vaut, comme on l'interprète aujourd'hui; c'était au contraire se considérer comme un interlocuteur responsable avec lequel on peut débattre, et non un simple "écoutant" auquel on assène des vérités sans vouloir les partager. En somme, et avec ferveur, nous voulions être les disciples de Socrate, et non des enfants de choeur …
Certes, à l'époque, beaucoup de bêtises ont été dites et parfois commises dans le feu de l'action, plutôt d'ailleurs dans les 5 ou 10 années qui ont suivi, mais ce n'était pas du tout dans le même constexte.
Et je déplore tout autant que les jeunes collègues comme toi, Melody, la dérive de l'enseignement à laquelle on assiste aujourd'hui, et le fait qu'enseigner devient de plus en plus impossible. Mais je rejoins tout à fait ce que dit Nina plus haut : il n'est pas juste d'accuser mai 68 de tous les péchés actuels de notre société: tous les anciens soixante-huitards médiatiques -notamment Cohn-Bendit- ont au contraire une pensée extrêment structurée, née de l'analyse, mais aussi de l'étude, de l'écoute et du raisonnement.
Bon, je vois qu'entretemps un autre post est paru, avec un autre point de vue. Je vais y répondre derechef  |
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Claudine Messagère du Glam

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 641 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 22:42 Sujet du message: |
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| eveange66 a écrit: | J'avais 3 ans en 68 mais, au delà du vécu ou de l'acquis (j'ai quand même bien vécu les années 70, héritières de 6 , je peux raconter le ressenti de mon père,qui nous en a fait le récit.
Lui travaillait dans la presse à l'époque : rien ne fonctionnait à Paris, tout était bloqué. (..) Mon père, qui a longtemps revendiqué son statut d'ouvrier (mais la crême des ouvriers, parait il, dans l'imprimerie), a toujours un peu méprisé 68, la qualifiant de révolution de bourgeois (et ce dernier mot n'étant pas un compliment dans sa bouche...) et soulignant le peu de suivi des salariés des usines, de la province, des ouvriers et employés, de la base quoi. Claudine, qu'en dis tu ?. |
Oui, Eveange, ton père a raison: son vécu, c'est bien celui, sincère, de beaucoup d'ouvriers et de travailleurs de l'époque (dont certains, des communistes, dans ma propre famille).
| eveange66 a écrit: | Si nous avons tous bénéficié des acquis de 68, qui en a été les vrais acteurs : un tout petit nombre d'urbains cultivés ayant accès à l'instruction ou bien le cercle était il plus large ?
| Il était un peu plus large tout de même, mais il est vrai que la plupart des acteurs étudiants 68 étaient des privilégiés, et essentiellement des parisiens. Je le reconnais. Mais n'est-ce pas le cas de tous les précurseurs de mouvements plus larges? (aux USA, en Amérique latine, et même sur la place Tian an Men?)
| eveange66 a écrit: | | Peut être le cercle s'est il élargi dans les années qui ont suivi avec la prise de conscience d'autres couches de la population..... |
Je ne sais pas comment d'autres l'ont vécu ailleurs et plus tard. Mais pour beaucoup de choses (l'avortement, la libération des femmes, la reconnaissance de l'homosexualité, etc.), toute la société en a bénéficié, même sans forcement en reconnaitre la filiation. Et vous, aujourd'hui!!!
| eveange66 a écrit: | | Autre point de vue : mes futurs ex beaux parents, 20 ans en 68, jeunes mariés, vivant en province dans une grande ville, salariés, n'ont pas du tout vécu 68 comme à Paris, plutôt comme un lointain bazar pas très bien compris. |
Oui, ça ne m'étonne pas.
| eveange66 a écrit: | | Cependant, il est vrai que la société corsetée de l'époque leur pesait aussi |
Bon, nous sommes d'accord: voilà la réponse à tout ce qui précède  |
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Lilith Invité
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 22:51 Sujet du message: |
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Une anecdote (vraie, racontée par les temoins de la scène) . Lors d'une des réunions (nombreuses à l'époque) de mois de mai 68, un grand monsieur au physique imposant , habillé en noir et une longue écharpe rouge est monté sur une tribune. Avec une voix grave il a annocé : "La révolution se fera sans étudiants!" Silence dans la salle. Il continue: "La révolution se fera sans ouvriers!" Silence dans la salle. "La révolition se fera sans comédiens!" D'un geste large il a jeté le bout de son écharpe sur l'épaule :"Et je me défends d'etre un comédien!" Applodissements!
Voilà ce que m'évoque le mois de mai 68 !
Pardon!  |
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Lilith Invité
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Posté le: Lun Avr 14, 2008 22:58 Sujet du message: |
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Encore une anecdote racontée par les "acteurs directes"! Des jeunes hommes célibataires et désinvoltes à l'époque... Ils trainaient dans les endroits un peu "chauds", et dès qu'une jeune femme s'évanouissait à cause des émotions très fortes, ils accouraient à son "secours", en criant "nous sommes des médecins, nous sommes des médecins, laissez- nous passer! Oh-là-là, mais elle a besoin d'air!" et ils ouvraient des corsages des pauvres femmes sans défense!
Un exemple très éloquant du grand "bordel" de l'époque... |
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lunairia Papesse du Glam

Inscrit le: 29 Juin 2007 Messages: 5577 Localisation: paris
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Posté le: Mar Avr 15, 2008 19:41 Sujet du message: |
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Ce soir sur Arte une émission sur l'école de la rue Vitruve dans le 20è qui mit en application les idées de 68
http://www.programme-tv.net/culture-infos/867648-en-mai-fais-ce-qu-il-te-plait/
Résumé : Dans les années 70, à l’école Vitruve, à Paris, les enfants expérimentent l'autogestion, la responsabilité, la liberté, bref, les idéaux de 68. Au lendemain des événements de mai 68, les responsables de l'école Vitruve, dans le XXe arrondissement de Paris, expérimentent une pédagogie «révolutionnaire» : refus de la hiérarchie, prépondérance du collectif, du partage, de l’engagement politique et, surtout, positionnement de l'enfant à égalité avec l'adulte. L'envie de mettre à bas les carcans éducatifs soulève l'enthousiasme de nombreux parents. Que sont aujourd'hui devenus Cyrille, Juliette, Rafaelle, Abraham, Barbara, Mathieu et Muriel, tous élèves dans la même classe à Vitruve, en 1974 ? Certains ont longtemps cherché à effacer la marque «Vitruve». D'autres, au contraire, ont revendiqué cette différence comme un atout. _________________ "A pas de chat tu réussiras" copyright mon chachou |
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lunairia Papesse du Glam

Inscrit le: 29 Juin 2007 Messages: 5577 Localisation: paris
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Posté le: Mar Avr 15, 2008 20:03 Sujet du message: |
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ça commence les filles _________________ "A pas de chat tu réussiras" copyright mon chachou |
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Cassandre Messagère du Glam

Inscrit le: 21 Jan 2008 Messages: 635 Localisation: Toulouse, 30 ans
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Posté le: Mar Avr 15, 2008 22:50 Sujet du message: |
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J'ai regardé, et une réflexion m'est venue : j'ai l'impression qu'on a privé ces gosses de la transgression.
Même en famille, à l'école, les règles sont négociées, votées. La transgression, l'opposition aux parents, aux règles, est un passage obligé de la construction d'un enfant (d'un adolescent, encore plus !) : il faut bien se mesurer au monde, tester les limites. Or, comment s'opposer à des règles que l'on a soi-même participé à établir ? _________________ Il pleut toujours sur les plus mouillés |
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Nina Prêtresse du Glam

Inscrit le: 29 Juin 2007 Messages: 3370 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Avr 16, 2008 10:31 Sujet du message: |
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Je n'ai pas vu ce documentaire Lunairia.
En revanche, abstraitement, je serais plutôt favorable à ce type d'enseignement.
La nouvelle charte pédagogique qui est sortie me fait hurler: grammaire à l'ancienne, retour de la morale à la Jules Ferry à l'école, etc... je trouve ça abrutissant.
J'ai toujours eu une aversion pour "le professeur a toujours raison et tu dois lui obéir". (je sens que je vais me faire frapper ) J'ai déjà vu des professeurs d'histoire dire des absurdités antisémites, ça me faisait hurler, et je le disais.
On doit respecter le savoir; la personne en elle-même, je la respecte autant que n'importe quelle autre personne, et je lui parle exactement comme je parlerais à une autre personne ordinaire, à qui je peux dire de façon tout à fait banale "c'est complètement absurde ce que tu racontes" (je reprends l'exemple de ma prof antisémite, c'était répugnant. Ou de certains profs de sport qui prennent un plaisir étrange à humilier les moins bons de la classe, dans ce cas-là, je lui disais d'aller au diable et je me barrais carrément, quitte à me faire coller trois ou quatre heures).
Toutes les règles contiennent leur part d'absurdité, et disons que dans le milieu scolaire, l'absurdité est parfois carrément kafkaïenne.
Je pense, comme Montesquieu, que toute personne qui a un certain pouvoir est porté à en abuser.
Donc, en soi, je trouve l'idée d'une gestion collective de l'éducation intéressante. Il y a bien d'autres règles dans la vie sociale générale à transgresser. _________________ Rrrrrrrrr
IL a FAIM (eh ouais, toujours)
GRG en force!! |
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