"Aujourd’hui, j’ai une mission de la plus haute importance : je suis l’envoyée spéciale de Caroline Daily au défilé Celine printemps-été 2009. Tout commence au moment de m’habiller. Que vais-je bien pouvoir me mettre sur le dos ? Un jean et des converses ? Une robe chic et des talons ? D’essayage en essayage, je me décide pour un pull marine Petit Bateau, une jupe anthracite Zadig, des Repetto argentées à petits talons, le tout réchauffé par mon blouson en cuir. Un peu de blush, mes cheveux ébouriffés juste comme il faut, me voilà prête.

Le défilé a lieu aux Tuileries, côté Concorde. Évidemment, je me trompe de sortie de métro et me retrouve à traverser le jardin au pas de course, les talons de mes Repetto s’enfonçant dans le sable.
Bon. J’arrive enfin. Je montre mon invitation. On me laisse passer, j’en suis presque étonnée...
celine

On me propose des journaux, Gala, Madame Figaro. Je me demande s’il faut les acheter. Dans le doute, je les refuse… (alors qu’en fait, bien sûr, ils étaient offerts…) Je rentre et me faufile à l’endroit réservé aux journalistes, station debout. Les "standings" on appelle ça
J’observe toutes ces filles perchées sur des talons vertigineux, ces hommes lookés comme dans les magazines (normal, ce sont eux qui les font, les magazines !), et puis tous les photographes, massés dans un coin. La lumière baisse. La musique commence. C’est parti. Je dégaine mon appareil photo. Mais comme je suis assez loin, même en zoomant, on ne voit rien. Tant pis… Je me concentre sur le show. Il y a du blanc, du vaporeux, des micro shorts, du bleu lavande, des talons très hauts… Du jaune, des gros bijoux, des foulards dans les cheveux, du noir très chic…

celine
Il y a des choses que j’aime, d’autres moins. Mais l’ensemble est cohérent et plutôt réussi. Ça me donne envie d’être en été, alors que l’automne vient à peine de commencer…C'est bon signe non ?

celine
À la sortie, j’observe les gens… Les filles qui me touchent le plus sont finalement celles qui en ont fait le moins, comme cette directrice de la mode d’un féminin, en jean et talons plats, les cheveux en chignon négligé, avec pour seul luxe une écharpe en cachemire autour du cou. Elle, je la vois… Les autres, j’ai l’impression que ce sont un peu toutes les mêmes, à trop vouloir être originales…

Je suis dehors, je reste encore un peu, pour humer le parfum d’après-défilé.
Quelques mannequins sortent discrètement. Immédiatement, les photographes foncent sur elles et les mitraillent. Elles m’ont parfois l’air un peu las.

Des magazines traînent un peu partout, j’en embarque un, histoire de rattraper le coup ! Je finis par m’éloigner, laissant Mademoiselle Agnès au milieu des journalistes japonais.

Et j’ai tout à coup la sensation de comprendre intimement ce qu’est la mode : une effervescence, de l’éphémère, du très beau, des gens qui osent, et puis des gens qui sont, tout simplement… Et je crois que j’aime bien ça, les gens qui sont…