ou comment je me suis dégoûtée des soldes de presse et autres ventes privées en une demi-journée :

A l'aube le réveille sonne. Vite je me lève et j'écris mes billets. Pfff je ne serai même pas là pour répondre aux commentaires.... Tout ça pour être à temps chez APC dans le 6e pour avoir LA pièce de la collection sur laquelle j'ai flashé (ainsi que 189 autres filles et il y en aura une, deux, allez peut être trois). Une superbe petite robe noire et dorée : robe soldes presse Et accessoirement une petite robe rayée noire et blanche à larges bandes et un polo pour mon homme.


Le bus est là tout de suite, chouette chouette je suis sûre que c'est un signe, Dieu veut que j'ai ma robe, c'est certain. Dieu est grand.

Sur place, nous avons dix minutes d'avance pourtant la vente est déjà commencée. Quelle arnaque ! Je fonce à l'homme pour le petit polo si canon, rien, j'ai beau fouiller il n'y est pas. Sur les portants des trenchs mais pas la moindre trace de polo. Dépitée je file au rayon femmes avec une seule idée en tête MA robe.
Je prends distraitement quelques trucs mais pas de trace de MA robe. Horreur : je la vois dans les bras d'une autre. Mon coeur se resserre. Je file dans sa direction : Peut être qu'il y en a d'autres ? Oui il y en a deux !! Dans les bras de deux de ses copines. La haine.
Du calme-respire, respire- trois copines ne vont pas acheter la même robe, n'est-ce pas ? Puis il y en a bien une à qui elle n'ira pas... Je m'installe pour essayer juste à côté d'elles, c'est horrible j'ai l'impression d'être un vautour... Ah ces soldes de presse, ça vous transformerait une biche en bulldog.

Tandis que j'essaye truc trop petit sur truc trop petit (dont la robe rayée à larges bandes) et que mes copines adorables commentent "mais non c'est un peu juste mais pas si petit", au fond, une seule chose m'intéresse vraiment : MA robe...
Seulement voilà elle est si jolie que les unes après les autres, les trois filles squattant les seuls trois modèles sont séduites. Ah j'entends une qui hésite "85 euros quand même". Oh oui oh oui tu as raison c'est bien troooop cher pour cette robe pose la pose la !!! pense-je très fort.
Mais ses copines lui disent que ce n'est rien à côté du prix boutique. Fausse joie. Elle répond qu'en plus elle ne met jamais de robe. Laisse la laisse la !!! Elle la prend quand même semble-t-il... Pauvre robe qui va rester au fond d'un armoire délaissée pour des jeans... Ah si les robes pouvaient choisir leur propriétaire ! Tous mes espoirs s'effondrent quand elles partent vers la caisse avec les robes. C'est foutu. Je suis au bord des larmes. Vraiment ça fait perdre le sens commun ces ventres presse. Je pars donc bredouille et contrariée.

Manu Prince S qui m'accompagne ainsi que Deedee, Caroline et cachou me consolent en me disant que je trouverai mieux à la vente Givenchy pour laquelle Manu a une place pour deux. Les filles filent aux Prairies de Paris tandis que Manu et moi mettons le cap sur Givenchy porte de Champeret. J'arrête complètement de faire la tête quand Manu m'explique que chaque année on y touve la robe d'Audrey Hepburn et des tas de choses ravissantes et glamour : chapeaux, peignoirs en cachemire, etc etc. Et ce n'est pas trop la foule ? Parce que là c'est commencé, il est 11h ? Ne t'inquiète pas dit Manu, il n'y a personne le premier jour.

Après 3/4 d'h de métro, nous voilà enfin sur place. Devant l'escalier : personne. Tu vois me dit Manu, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter ! Nous descendons l'escalier. En bas des marches : vous voyez le Zénith ? Eh bien la salle entière est là à attendre devant les portes. J'adore Audrey et le luxe, mais pas au point de faire six heures de queue (parce que s'il y avait au moins trois heures d'attente devant, il y avait ausssi la même chose à la caisse, et j'imagine l'enfer à l'intérieur !) On attend 10 minutes. Ca n'avance pas d'un millimètre. On s'échappe. Adieu robes glamour et autres joies du luxe...

Double bredouille, hors de question de rentrer comme ça. Trop vexant. Je passe un coup de fil aux filles qui sont toujours dans la file d'attente des Prairies de Paris à Bastille. Noter pour plus tard : quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Je décide de les rejoindre, Manu, lui a une mission de personal shopper, il rentre déjeuner vite fait. Encore 3/4 d'h de métro. Puis 10 minutes de marche et me voilà à nouveau avec les filles. La file d'attente des Prairies de Paris n'en finit pas ! Elles atttendent depuis près d'une heure et il y en a encore pour une demie heure avant que l'on puisse entrer.

A l'intérieur il fait 800 degrés. Il y a 32 filles au m2. Je me fraye un chemin vers le stand chaussures qui est quand même ce qui m'intéresse le plus ici. Je demande à peu près toutes les chaussures qui existent en 40. Je flashe particulièrement sur celles qui ont un coquillage doré à l'avant : CANONISSIMES. Je les veux en rose. En 40 il n'y a que du vert. J'essaie quand même. Enfin si j'arrive à pousser assez loin la fille qui me colle pour atteindre mon pied. Je sue à grosses gouttes. Les escarpins ne me vont pas : mauvaise cambrure. L'enfer, j'y suis pas de doutes : on me met sous le nez mes chaussures préférées à prix réduit. Il fait un million de degrés et aucune ne me va. Toutes me plaisent mais il n'y en a pas une seule à ma taille.

Je décide d'aller faire un tour du côté des vêtements. Quand j'ai fait un mètre en une demie heure, je comprend que je n'atteindrais jamais le rayon des petites robes colorées là bas au fond. C'est peut être un mirage ! Je rebrousse chemin et tombe sur un carton rempli de chaussures. Je fouille, elles sont abimées, et toutes en 39, j'allais laisser tomber quand je tombe sur une paire de bottes. Couleur fauve. Courtes et pas trop hautes. Chouette. Elles me vont. Bon pour les essayer j'ai du perdre 8 kilos d'eau mais je suis contente, enfin un truc qui me va ! Sans mirroir pour le certifier cela dit. Je file à la caisse. Puis sur le (long) chemin, je m'interroge : Ai-je besoin de bottes alors que l'été approche ? Avec quoi vais-je les mettre ? Je retourne au carton voir le prix, vu la tête du truc elle doivent coûter 50 euro maxi. Dans ce cas ok. Je vois le carton et je ne crois pas mes yeux : 80 euros ! Beaucoup trop cher je laisse tomber.

Je sors trempée, épuisée, déprimée et bredouille. Les filles ont trouvé deux trois trucs. Il est déjà presque 14h, on déjeune puis je rentre travailler. Seulement je suis tellement crevée que je n'arrive pas à faire grand chose d'efficace.

Bilan : Des heures de queue, des trajets interminables en métro, des conditions d'essayage épouvantables, des effets terribles sur l'humeur, et une journée de travail perdue d'un côté. De l'autre l'espoir de peut être trouver une merveille à un prix mini...

Et si les soldes de presse ça n'était pas si rentable que ça ? (enfin je n'accède pas à tout et je crois qu'il y a des marques où les prix sont affollants)