Me voilà sur mon nuage : l'assistant, justement charmant, ne m'a pas vue déchirer la pub du Elle et m'a même tourné un compliment ; et j'ai trouvé le jean-de-ma-vie pour ressembler à Audrey Marnay. Attrapant au vol mon cochon tirelire, je me jette dans le Printemps le plus proche. Bien sûr, le jean d'Audrey Marnay, ils n'ont pas, quelle drôle d'idée ; mais regardez-donc chez Miss Sixty, ça s'en rapproche. Soit. Je craque sur un exemplaire parce qu'il fallait bien craquer. Une heure plus tard, j'inaugure l'éphémère objet de désir devant le miroir de la salle de bain. Il ne ferait pas des fesses carrées, là ? Peut-être un peu trop slim aussi, l'époque étant au boot-cut triomphant. La taille… moui, presque trop basse quand même. Non, décidément, il faut un juste châtiment pour lui apprendre à flatter de manière si éhontée les capitons en haut des cuisses. Je relègue définitivement le caprice au fond de ma penderie pour retourner à mes denims H&M, pour faire (presque) comme Charlotte G. Elle n'a pas de diadème, mais de l'allure à revendre, elle.
Vient l'hiver de cette année. Sinistrose et coups durs s'enchaînent, je perds plus de cinq kilos. Ma cohorte de jeans H&M me bat les flancs. Ces traîtres en profitent pour pendre lamentablement le long de mes hanches comme un mauvais baggy. Plutôt que d'attaquer mon cochon, j'ai l'idée de fouiller dans mon stock d'in-mis, une catégorie très personnelle qui prolifère à chaque période de soldes. Là-bas au fond, deux longues pattes en stretch tendre, toutes tirebouchonnées, me rappellent ma cruauté envers ce pauvre Miss Sixty. Apitoyée, je l'enfile pour une seconde chance. Miracle. Ce jean, c'est un remake de la Belle au Bois Dormant, il me fait des cuisses liftées de princesse de combat. Presque slim, il rentre à merveille dans mes cavalières. Couleur franche, toujours élégant ; juste une fine ceinture couleur bronze pour limiter l'effet taille basse. Il est mieux qu'un coach, il m'a reboosté look, assurance et ego. Depuis janvier, c'est le jean « psy ». De toute façon, je n'avais jamais appris son vrai nom, ni son matricule. En ce moment, c'est avec ma veste vintage vert prairie que je le préfère, et je suis assortie avec le printemps."

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L'histoire de Walinette : "J’intitulerais plutot mon billet moi et MES jeans, parce que bon… j’ai beau ni faire partie du 3eme age ni etre particulierement deluree ou infidele, a 30 ans j’ai connu plusieurs histoires… Ma premiere vraie histoire d’amour j’avais 14-15 ans et il etait… marron ! c’etait un Cimarron, je ne me souviens plus exactement le modele mais je sais que j’etait tellement amoureuse que je l’ai rachete dans toutes les couleurs (kaki, cuivre et marine… bref tout sauf couleur jean, que voulez-vous la mode etait aux teintures et c’etait finalement peut etre mieux que le jean neige), on le trouvait meme dans les pages de la Redoute. Mais mon prefere restait le marron, j’en veux d’ailleurs pour preuve les photos de classe de cette epoque.
Puis j’ai changé, nous avons evolue dans des directions differentes, il a fini par devenir jaloux, tout rouge aux coutures. Nous nous sommes separe et je ne sais pas ce qu’il est devenu.

Lors de ma periode lycee j’ai connu mon second coup de foudre, une petite marque, connue seulement des inities et je ne parle pas de mode mais de tauromachie puisqu’il s’agissait de Mari Sara, qui avait une boutique a Aigues Morte ou je passais mes vacances d’ete. Et la d’un coup je suis devenue bigame. J’alternais sans qu’ils le sachent un slim brut (et oui deja… bon ca s’appelait pas comme ca a l’epoque j’en conviens..) tout ce qu’il y a de plus simple et un jean droit noir avec une sublime broderie de roses sur la poche droite. Je ne sais pas si la bigamie fait qu’on se lasse moins, mais je les ai garde longtemps, longtemps.

Et puis, a 20 ans je ne sais pas ce qu’il s’est passe, d’un coup j’ai change de bord, envie d’essayer quelque chose de nouveau, de frais, de nouvelles experiences, exit le jean et vive la jupette courte et la robe rideau… je passerais sous silence pour ne pas choquer mes annees d’orgie chromatique, de choses velues bizarres et de matieres inavouables… mes annees eurk. Et puis je suis rentree dans le droit chemin, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs et je me suis casee. Il s’appelle le Leola de Lee. Il est droit, brut, classe, sans fioriture. Il me rassure, il est solide, me dit que non je n’ai pas grossi meme si j’affiche 3 kgs de plus sur la balance et me flatte la silhouette quand je les perds. Enfin je suis devenue fidele, c’est d’ailleurs le seul que j’ai mis dans ma valise pour venir vivre au Mexique.

NB : Comme mentionne ci-dessus, je vis a Mexico et non seulement je dois me coltiner un clavier en qwerty mais mettre l’accent aigu me prend la tete, je n’arrive pas a mettre la main sur l’accent grave et l’accent circonflexe est inexistant, vous m’excuserez donc pour l’inconfort de lecture du a l’absence de certaines specificites de la langue francaise… (non y’a po de cedille non plus.. par contre je peux vous mettre des ñ )

NB2 : Fidele, fidele, bon si par chance je peux rencontrer un freeman porter… vous garderez le secret hein ? on lui dira pas…."

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