Oui, je sais, j’ai une imagination délirante et il en faut peu pour la faire partir au quart de tour. Surtout quand il s’agit de me prendre pour Sharon. Je me déshabille fièrement en m’observant sous toutes les coutures. Jusqu’ici tout va bien. L’avantage avec une cabine d’essayage, c’est qu’il y a tellement de miroirs que je peux me voir de dos en restant de face tout en observant mes deux profils. Pas besoin de tourner en rond comme dans ma chambre ni de sautiller pour voir si les chaussures sont bien assorties au reste. C’est super, je vois comme ce top me va bien. Je corrige le moindre pli de mon jean. Je veux la même à la maison ! Tout de suite. Ca s’achète au BHV une cabine d’essayage ? C’est tellement pratique. Et super agréable. Enfin tout dépend de ce que j’essaye. Car l’inconvénient, c’est qu’en retirant mon jean, pour enfiler un maillot triangle, je peux voir ma cellulite tout en observant mes hanches et leurs ravissantes poignées d’amour tout en constatant la tête en bas que j’ai mauvaise mine aujourd’hui. Alors je joue à « Où est passée Sharon ? » en essayant une robe sensée être sexy. Elle est trop petite. Un 38 trop petit ? Impossible. Je me remaquille. L’effet boudinant ne se dissipe pas. Peut-être que ça ne venait pas du make-up ? En attendant je n’ai toujours pas retrouvé Sharon. Hors de question de rentrer sans elle. Je remets mes fringues d’origine. Celles qui me mettaient tant en valeur dans ces trois miroirs en arrivant. Je suis toute rouge, je brille, mon mascara a coulé. J’ai l’air stone, mais Sharon n’est pas revenue. Mon jean ne me va plus si bien que ça. Mon tee-shirt laisse apparaître un début de bourrelet à gauche. Sharon ne reviendra plus. Je quitte la cabine dépitée. Et bredouille de shopping. Non vraiment, une cabine d’essayage chez moi, et pourquoi pas un flingue aussi ? Je ne suis pas suicidaire moi. (ps: rediffusion du billet du 25/04/06, suite à un mega problème technique - merci de votre compréhension)