C'est tôt 6h15. Très tôt. Quand le réveil a sonné, j'ai pensé à ce manteau à 1000 euros que j'ai repéré en boutique et que je n'ai pas pu acheter le jour des ventes privées à -50%, il était toujours trop cher. Je me suis levée.
Vérification de l'équipement : sac tenant en bandoulière. Deux clémentines. Un Cosmopolitan (le magazine, hein pas le cocktail). Un paquet de Mikado au chocolat noir. Un chéquier. L'invitation. Un peu de monnaie. C'est bon, tout y est.

Manu Prince S sera mon cavalier pour cette aventure. Car oui, les soldes Paul&Joe, c'est toute une aventure qui commence par traverser le marais à 6h45. Force est de constater que la boulangerie est fermée. Que le Starbucks n'ouvre qu'à 7h30, quelle bande de lève tard ! Et que seuls les balayeurs sont dehors.
La chance est avec nous : le métro arrive vite et à République nous trouvons une boulangerie ouverte qui propose des boissons chaudes à emporter. Sauvés.

Sur place il y a déjà dix courageux qui nous ont précédé. Sourires de connivence : A 7h10, nous sommes entre vrais de vrais. Et aussi dingue que ça puisse paraître il y a une majorité d'hommes. Probablement pas tous hétéros, certes, mais tout de même.
Le temps de manger ma brioche au sucre, boire mon thé, et papoter fringues avec le prince du luxe, il est déjà 8h. Le jour se lève. Il fait froid, je resserre mon écharpe. Derrière nous assez de monde pour que l'on soit heureux de s'être extirpés de nos doux rêves à l'aube.
8h20, il est temps de définir une stratégie. Manu a pour mission d'attraper tout ce qu'il y a de bien au rayon hommes et particulièrement un sac cabas que j'ai repéré. Quant à moi, je me jette sur les manteaux et j'en prends autant que je peux. Simple et efficace.

8h35 il y avait dix personnes devant nous, il y en a maintenant 40. Amis d'amis, infiltrés, tricheurs...

8h55 il y avait 40 personnes devant nous, il y en a 150, clonage ? Multiplication des amis d'amis ? Un camion manque en écraser la moitié, on plaisante dans la file que ça simplifierait les choses !

9h00 le vigile ouvre enfin les portes. Il manque faire entrer les 140 illégaux. C'est sans compter sur les protestation du groupe unis pour la vie des dix pionniers de 7h. Nous entrons, les 140 attendront !

A l'intérieur, c'est la folie. Nous somme hystériques. Qui ne le serait pas après deux heures d'attente et dans la perspective d'acheter à prix H&M une marque intouchable en temps normal ? Je perds beaucoup de temps à courir d'un portant à l'autre et à halluciner sur les prix. Je suis comme un moustique hésitant entre plusieurs lumières contre lesquelles aller s'écraser...
Je me reprends et je regarde vraiment : côté vêtements c'est la dèche totale, il n'y a rien. Que de la taille 3, des vieilles chemises à motifs que même Carlos dans les années 70 n'aurait pas voulu, ou des gros pulls de la sous-marque Sister trop larges et flottants pour être honnêtes. Côté accessoires, des sacs vilains : cabas à la péruvienne, fourre-tout oranges, rien en dessous de 8cm de talons pour les escarpins et rien au delà du 37 pour les bottes.
En revanche niveau manteaux, c'est la folie. Il y a les trois que je voulais. Un trench bleu marine à la coupe irréprochable. Un manteau gris manches trois quart façon Down With Love (un de mes films préférés). Et le fameux manteau à mille euros, le fameux !!!!
Manu n'a rien trouvé chez les hommes, mais il n'est pas rentré bredouille pour autant, il va pouvoir faire un somptueux cadeau de Noël à sa soeur !

Bilan : J'ai dépensé moins que si j'avais acheté mon manteau à -50% et j'en ai deux autres en bonus, elle est pas belle la vie ?

Ps : Par contre j'ai acheté un ensemble de lingerie qui s'est révélé trop petit, je l'ai mis sur ebay (ainsi que deux manteaux pour faire de la place aux nouveaux) si vous voulez jeter un oeil, c'est ici