Bon il y a bien une cinquantaine de filles devant moi, mais ça devrait avancer assez vite. Cinq minutes plus tard coup de chance façon coup de théâtre, l'attachée de presse nous voit, moi, une copine journaliste qu'elle connaît bien et une de ses amies, et hop elle nous fait entrer avant même l'ouverture de la vente !
Déjà qu'elle m'avait sauvée d'un mauvais achat l'année dernière, je lui voue cette fois une éternelle reconnaissance !

Il y a tellement de choix à l'intérieur que je ne sais où donner de la tête. On me donne un grand sac dans lequel je dois mettre mes futurs achats. J'aperçois un tas de cuir... Hum depuis le temps que je rêve d'un sac Zadig, je n'ose y croire... Eh bien si : Un très simple et joli sac en cuir vieilli noir. Et si je lis bien le panneau, je dois pouvoir me le payer sans esquinter le PEL. Hop dans le grand sac.
Plus loin des tas de cachemires. Je me retiens car j'en possède déjà plusieurs de la marque et les formes proposées ne sont pas révolutionaires par rapport à ma garde-robe. Même si le prix est intéressant, ils sont déjà tellement chers au départ...
J'essaye une veste longue en soie. Une merveille, un prototype particulièrement donné, mais mes amies me raisonnent : Quand porter une veste pareille ? Ce n'est ni un manteau ni un imper et c'est trop long pour être une veste à porter à l'intérieur. Je le pose.
J'attrappe plein de petits tops ravissants, une nuisette en soie, une écharpe, un portefeuille, je suis prise d'un genre de frénésie difficilement contrôlable, je fourre tout dans mon grand sac en remettant le tri à plus tard.
Un tour au rayon enfants, bientôt Noël, autant en profiter ! Le mini cachemires sont adorables ! Ah la bonne conscience de ne pas acheter que pour soi.
Mon huitième tour complet pour être sûre d'avoir tout vu s'achevant, je pose le grand sac-hotte de mère Noël et commence à faire la queue. Dans la file, toutes les filles font comme moi : elles scrutent leur butin et trient. Ce pull vert : la couleur me paraît difficile tout bien réfléchi, la fille derrière moi se précipite dessus, au moins il aura fait plaisir à quelqu'un. Le sac m'a tellement plu que j'en ai pris deux... Peut-être qu'un suffira. Ce top gris, finalement, il est assez difficile à porter et un peu large, hop refourgué à ma voisine de devant. On se croirait dans un grand troc pour hystériques dont, force est de constater, je fais partie.
Au final, je suis ultra raisonnable : il me reste une nuisette ravissante, un sac dont je rêvais depuis des mois, un petit pull fin boutonné dans le dos, et trois cadeaux de Noël. Le total fait mal quand même, je fais un marché avec moi-même : si je prends le sac canon, je revends mon petit Vanessa Bruno que j'adore mais qui fera doublon. (bientôt sur ebay !)
Dans la série j'ai de la chance, le charmant caissier qui lui aussi a fait son shopping de Noël pour sa petite famille est ému par le mini cachemire et me fait encore un petit prix !
Moralité, j'ai beau avoir fait de très bonnes affaires et ressortir avec tout ça pour le prix du sac en boutique, et malgré le fait que plus de la moitié ne soit pas pour moi, je culpabilise drôlement... Vous gérez comment, vous, la culpabilité post shopping ?