Ana Carolina est morte mardi d’anorexie à Sao Paulo.

J’aime la mode, j’ai assisté à de prestigieux défilés, je me suis baladé en backstage, j’ai même été habilleur. Et quand une maison de haute couture parisienne, si ce n’est la plus grande, déclare à l’AFP que « la mode n’est pas responsable de l’anorexie », je suis révolté.

Certes la maigreur des mannequins n’est pas un phénomène nouveau ; le débat à été soulevé une fois de plus durant les dernières semaines de la mode avant de retomber, jusqu’en janvier sans doute. Les créateurs, ceux que nous vénérons, y sont allés de leur bon mot, expliquant que les mannequins sont naturellement maigres, qu’elles choisissent d’être ainsi, que c’est une chose normale et en aucun cas mortelle… un monde merveilleux dans lequel la nourriture n’existe pas. Oui mais cela ne peut pas marcher. Ana Carolina le prouve.

Son dernier contrat était un catalogue réalisé au Japon pour une célèbre marque italienne. Le mannequin a du rentrer plutôt que prévu car elle est tombée malade. Cela n’a pas empêché ceux qui la photographiaient de faire leur travail sans se poser de questions : « Essaie de faire plus morte ! Ouais ! C’est bien ! ».

1m74, 40 kg. Personne n’a rien dit. Personne n’est responsable.