21h15 : nous arrivons à l’hôtel Plaza Athénée. N’allez pas croire que nous avions prévu ce retard pour faire chic, mais je voulais m’arrêter devant chaque vitrine du côté droit de l’avenue Montaigne… Devant l’hôtel deux jeunes milliardaires latinos en tenue de golf tentent de réaliser eux même un créneau au volant de leur rutilante Aston Martin. Les pauvres ont un peu de mal, mais que voulez vous ? Lorsque l’on est habitué à laisser son chauffeur faire ce genre de manoeuvre… Derrière eux une plantureuse sexagénaire toute de fourrure vêtue et parée de la totalité des vitrines de la boutique Cartier tente tant bien que mal de s’extirper de sa limousine Maibach, seul véhicule dans lequel semble-t-il, elle puisse encore entrer.

21h22 : tandis que Mlle O. m’appelle pour me demander l’adresse du Plaza ( ! ), j’explique au Prince S la disposition des lustres du restaurant Alain Ducasse au Plaza Athénée ; pour ceux qui ne connaissent pas, autour des trois lustres massifs, des centaines de cristaux sont accrochés à des fils invisibles, donnant l’impression d’un ciel constellé d’étoiles Swarovski.

21h27 : entrée dans le bistrot art déco. Le Prince S me demande pourquoi nous sommes les seuls jeunes (entendez les seules personnes de moins de 60 ans) dans la salle. Je le rassure en lui montrant d’autres jeunes présents (les serveurs…). Nous sommes accueillis par le maître des lieux, le très élégant Werner Küchler, qui nous place conformément à mes exigences, près de l’orchestre.

21h34 : arrivée de nos amis. L’orchestre se met en place, les tables sont toutes occupées. Je commence à comprendre pourquoi les vitrines des joailleries se vident le soir. Arsène Lupin aurait été servi. Diamants, girandoles, perles, saphirs… il n’y a que ça ! Sans compter le nombre de sacs Chanel présent dans la salle. Un véritable show-room ! Légèrement excités par tout ce luxe tapageur, nous décidons de nous lancer dans la soirée en dégustant une coupe de champagne.

21h45 : la carte nous est apportée. Le chef Philippe Marc nous propose des créations élaborées par Alain Ducasse. Après examen du fameux menu à 60 € (amuse-bouche, saint jacques poilées et je ne sais quoi, poularde de Bresse et légumes élaborés, succulent d’oranges, café mignardises), nous décidons bien évidement de ne pas faire comme tout le monde et de nous régaler à la carte ! Depuis l’orchestre, les premières notes de jazz se font entendre…

22h : après avoir siroté une émulsion de tomates à la tapenade et huile d’olive en amuse-bouche, nous sommes ravis par l’arrivée de nos entrées. Pour moi, saumon d’Ecosse « à ma façon ». Ce qui signifie ? Hé bien on me présente le saumon dans l’assiette joliment arrangé avec le citron, puis à côté on m’apporte un ensemble de petit ramequins contenant chacun persil haché, oignons en dés, câpres, crème fraîche, et divers petit pains grillés. A moi de jouer… pas pratique pour deux sous, mais succulent ! Ray Charles est dans la salle avec Georgia…

22h25 : les plats sont là. Alors que je louche sur les gambas du Prince S, et que le chef en personne vient verser sur la sole meunière de Mlle O. son émulsion de beurre salé, On place sous mon nez un magnifique petit rôti de veau sur son lit de pommes truffées, le tout relevé par une émulsion de truffes... Notre Chateauneuf du Pape (80 € la bouteille…) nous fait toucher le paradis.

23h00 : le dîner touche à sa fin dans un rythme de jazz endiablé. Autour de cafés servis avec les mignardises du chef Pâtissier Christophe Michalak, nous apprécions une dernière coupe de champagne, avant de se revenir, une demi heure plus tard à la réalité.

23h30 : 444 € pour 4. Bonne soirée ou soirée chère ? Cela dépend ; une soirée chez Ducasse avec d’excellents musiciens, dans une ambiance qui laisse rêveur pour un peu plus de 100 € par personne ce n'est peut être pas donné, mais il m'est souvent arrivé de payer un dîner cinquante euros qu'il soit mauvais et servi dans une ambiance désagréable… à choisir... Libre à vous d’essayer !