Non, c'est vrai quoi. Je suis aussi victime que mes victimes. Si j'ai vendu mon sac, c'était pour en acheter un autre, pas pour m'acheter une bible. Je suis tout autant aveuglée par la quête du shopping éternel. Je ne pensais pas que pour si peu finalement, je me retrouverais en enfer. Pourtant si. Il est 16h, il fait 40°, je sors avec mes colis qui pèsent une tonne (de plumes plutôt que de plomb rapport à l'encombrement), en petite robe légère (oui je ne vais pas mettre une soutane avec cette chaleur) mais pas très jolie avec des Birkenberk (vous savez ce que j'en pense) et me voilà en route pour la poste.

Elle est à 200 mètres de chez moi, pourtant j'ai eu le temps de : me faire siffler trois fois (comme le train), m'entendre dire que j'étais bonne (à tout faire sûrement avec mon accoutrement de femme de ménage), me faire insulter car je ne répondais pas (en même temps que répondre à "tu es bonne" ? Toi aussi ? Bonjour monsieur ? Naturellement, veuillez me suivre ?) et transpirer à grosses gouttes. Arrivée à La poste, toute gouttelante (j'aime bien inventer des mots, joli celui là non ?) je me retrouve derrière un type qui pue le fromage de chèvre (il en envoyait à sa grand-mère pour qu'elle ne survive pas à la canicule ?) et devant un autre qui n'a pour ambition semble-t-il que de reluquer les femmes qui viennent déposer des colis. Charmant. Je me rassure en me disant qu'avec la clim, tout va s'arranger. Erreur. J'oubliais qu'en France, on n'a pas la clim. A l'intérieur de la poste, il fait encore plus chaud que dehors. J'ai droit à mon petit sauna offert par la maison. Deux guichets ouverts, 15 personnes devant moi, j'attend 55 minutes. Debout à glisser sur les gouttes des autres.

Au guichet un type aussi aimable que vous quand vous vous coincez un doigt dans une porte m'accueille d'un qu'est ce qu'elle veut la p'tite dame ? Elle veux trois colissimo recommandés(la clim un sourire et la paix). Ah non ce n'est pas possible c'est soit colissimo soit recommandé. ARGH j'ai failli perdre mon flegme londonien (sûrement hérité de lointaines origines britaniques du côté de ma mère bretonne). Le type finit par trouver le bon bordereau. Je le remplis, il fait partir les colis. 15 minutes se sont écoulées, je comprend d'où vient la file d'attente infernale.

En rentrant je cours parce que là pour le coup, on dirait que je sors d'un concours de tee-shirts mouillés et vu l'ambiance, c'est plutôt dangereux ! C'est confirmé : l'enfer est sur terre, je peux témoigner !

Vous aussi vous avez vécu des aventures administratives estivales sympathiques ? Racontez-moi tout !