Ça tombe bien, j’ai retrouvé un ELLE spécial maillots du mois dernier. Je l’ouvre à peine quand je tombe sur une pub Eres, la fille dessus porte un maillot manifestement trop petit pour elle. Il lui écrase les seins et lui crée un bourrelet (de peau, 0% de matière grasse) sur le côté. Si sur une brindille anorexique, c’est trop serré, qu’est ce que ça va donner sur mon 38 ? Je ne préfère pas y penser. Quelques pages plus loin, les photos de maillots. Cet été, la mode nous suggère au choix de ressembler à une vieille rombière tropézienne avec une sélection de une-pièce découpés en T, bonjour les traces de bronzage improbables ou de tenter un retour à l’adolescence en casant ses seins qu’on espère restés prépubères (sans quoi on tomberait facilement dans la vulgarité) dans des triangles. Ok j’ai choisi mon camp, j’ai 12 ans et je peux partir à la chasse à l’objet qui définira mon style et mon potentiel séduction pour le reste des deux mois à venir.

Comme j’aime avoir la paix quand j’essaye ce genre de choses qui me met d’une humeur de bulldog affamé, je vise le rapport vendeuses/superficie le plus petit possible : Le Printemps. Sous les néons, je trouve tout moche. Alors je prends un peu au hasard ce qui pourrait être bien sous une autre lumière. J’arrive dans la cabine d’essayage et je réalise que sous les néons, moi aussi je suis moche. Ma cellulite encore plus. On dirait qu’elle a gagné du terrain depuis l’été dernier. Je tente de me rassurer en me disant que sous une autre lumière… J’essaye de rentrer dans le premier maillot : même pas en biais, dans le deuxième : même pas en rêve. Celui-là est parfait. Il est joli et me va bien. 275 €. Aie. Ben oui je n’avais pas vu, c’est La Perla. J’ai le choix entre la ruine et résoudre l’équation : maillot moche + moi dans un sale état = bombe à la plage. Mauvais en maths, j’opte pour la ruine. Tant pis, je serais belle à Paris plage, ça vaut toujours mieux que moche à Miami beach.