Elles étaient là. Dans la vitrine. La seule vitrine intéressante du parc. Et il a fallu que je passe devant. Que je passe devant en regardant dedans. Bien sûr quand je suis passée devant le magasin de médailles militaires, j’ai préféré regarder les feuilles des arbres. Mesurer leur pousse. Admirer la verdure. Mais l’appel des chaussures a été plus fort que celui du lierre. Deux petits bijoux d’un blanc immaculé. Légèrement ouvertes devant, comme j’aime. Un talon de sept centimètres. Assez haut pour être joli. Assez bas pour être mettable. La perfection qui me nargue du coin de la boutique.

Non je n’entrerais pas. Non je ne demanderais pas le prix à la dame. Elles sont forcément trop cher. Forcément puisque je suis déjà à découvert. Et que le mois ne fait que commencer. Malédiction. Maaaadame ?

Non rien pardon, j’avais cru voir quelque chose qui me plaisait mais non. De près finalement non. Tu parles. La perfection. Des chaussures sublissimes. Pires de près. Mais j’ai fait un bilan dans ma petite tête de pioche : j’ai quinze paires de chaussures dont neuf d’été. Un ratio qui penche déjà du mauvais côté pour une parisienne qui sors plus souvent ses ballerines noires que ses sandales roses. Pas la peine donc d’en rajouter.

Seulement voilà, je préfère les chaussures d’été. Rien à faire plus c’est aéré en plus je trouve ça joli. Chéri, on part vivre à Marrakech ? Quoique, là-bas il ne doit pas y avoir des masses de boutiques de chaussures dans les jardins…