Dès la file d’attente, j’applique la méthode Coué : je vais acheter des pantalons, je vais acheter des pantalons, je vais acheter des pantalons, j’ai envie d’une robe… NON ! Je vais acheter des pantalons… Onze heures, la grille s’ouvre, je pose mon sac au vestiaire. Je me sens démunie. Tiens un sac à main ravissant. Je le prends. Culpabilité, je le repose. Et ce petit top à bretelles, il n’est pas mignon ? Assorti au sac en plus ! Je reprends le sac. Il n’y est plus. Frustrée de mon sac, j’en prends deux autres pour compenser.

D’un bras, je fouille dans les tas. De l’autre je pousse celles qui essayent de fouiller en même temps que moi. Je cherche à comprendre le prix de ce pull en cachemire. 70€ ? C’est une blague ? Embarqué. Et cette écharpe rose ? 20€, je dois rêver, hop dans le sac. J’essaye une veste. Hyper bien coupée. En me regardant dans la glace je me rappelle que je dois acheter des pantalons. Oui mais que serait un pantalon sans cette veste ?

Quand j’arrive aux pantalons, il n’y a plus que du rose et du blanc en 38. La garantie d’avoir 1. L’air ridicule, 2. L’air de faire du 42, 3. L’air de rien. Qu’à cela ne tienne, ma conscience légère se contentera d’une jupe. J’essaye les trois modèles possibles. Une trop courte. Une trop longue. Une trop moche.

Résultat : Je repars avec deux sacs, un top, une veste et un pull en cachemire. Non vraiment, j’ai beau y mettre du mien, aux soldes de presse, j’achète tout ce dont je n’ai pas besoin. C’est pour ça que je me ruine : C’est un abyme sans fin !