Ça a l’air facile comme ça. J’appelle la mienne en premier. Normal. Elle n’a pas de place avant lundi. Même pas pour moi ? Justement pas non. Apparemment la jachère hivernale de mes pieds m’a fait perdre mon statut de VIP. Je ne peux pas les laisser dans cet état tout le week-end, c’est du suicide. D’autant que lundi, je serai à la plage, donc les pieds à l’air et à 3 heures de train de l’institut de beauté. Aline me dit d’appeler la sienne. Elle me propose vendredi. Formidable, demain, donc ? Non, madame. Vendredi prochain. Bof de toute façon comment faire confiance à une manucure qui m’appelle madame ?

Je finis par faire ce que toute fille normalement constituée déteste : appeler un institut au hasard.15h ça va ? Comment refuser alors que je viens de la supplier. Ok.

J’arrive à m’échapper du travail. Je cours. Dans tous les sens car je ne sais pas où je vais. Je trouve l’institut. Essoufflée, crevant de soif, je confie mes pieds à une manucure qui fait la tronche. Le choix de vernis est super restreint : rouge moche ou rouge pas terrible ? Les joies de la nouveauté. Le pire : elle ne sait pas emballer les ongles dans du cellophane pour les protéger dans les chaussures. Résultat : j’ai perdu une demi-journée et mes pieds sont encore plus moches car le vernis est abîmé. La prochaine fois que mon esthéticienne est overbook, je m’achète des chaussures fermées.