Un thé et une biscotte plus tard, je me suis souvenue que je ne partais pas à Marrakech mais simplement à une vente multimarques. J’ai retenu une vague de déception en me penchant plus en détail sur le carton d’invitation. Les mots Prada et Gucci m’ont bizarrement tout de suite remonté le moral.

Au vu de la file d’attente, je n’étais manifestement pas la seule à être au courant… Quel scandale ! Cette vente privée est beaucoup trop publique à mon goût. J’ai pensé brandir ma carte de presse pour griller toutes ces voleuses de bonnes affaires. A la réflexion, il devait y avoir un bon 80% de journalistes dans la queue. Manœuvre inutile.

Une demi-heure plus tard me voilà dans ce temple de la tentation. Je pose le regard sur un top, une camée de la mode me l’arrache des yeux en hurlant qu’elle l’a vu avant. M’en fout j’en voulais pas de ce truc moche. Je me faufile, saute par-dessus les tas de fringues abandonnés, et traque l’affaire du siècle tel le tigre avec sa proie (prête à bondir en cas d’attaque). Il est là, je l’ai vu, je le veux. Je lance un regard circulaire menaçant et attrape discrètement l’objet de ma convoitise. Ca y est je suis amoureuse. Le top de mes rêves. Dont je n’ai pourtant jamais rêvé jusqu’à la seconde précédente. Maintenant que je l’ai, je ne le lâche plus. Elles le veulent toutes depuis qu’il est sur moi. Sur son cintre, elles n’avaient pas réalisé à quel point il était parfait. Je fonce à la caisse avant de me faire attaquer. Youpeeeeeee ! J’ai vaincu.

145 euros ? Ah ? Tant que ça ? Oui mais il valait 600… Hum… Je jette un coup d’œil derrière moi. 25 regards pleins d’espoir. Hors de question de déclarer forfait. Je paye victorieuse et lance un regard dédaigneux aux vautours qui attendaient que je laisse tomber mon top. Nan mais !