A chaque fois que je prend cette chose dans mes mains, il arrive une catastrophe. Comprenez mon appréhension. Et mon retard. Comment ne pas remettre à demain le massacre que je pourrais faire aujourd’hui ? C’est ce que je me suis dit tous les jours, jusqu’à ce que je n’aie plus rien à me mettre. Alors m’y voilà.

En ouvrant la table à repasser, déjà je me coince un doigt. Ca ne me mets pas de bonne humeur pour aborder le tas que je renverse allègrement dans tout l’appart en le rapprochant de la table. Pourquoi n’avoir pas fait l’inverse ? Je t’en pose des questions ?

Le Bulldog qui est en moi a comme une envie de mordre. Je veux mettre de la vapeur, le réservoir est vide. Je débranche le fer, et je verse de l’eau de dedans. Pour éviter d’en mettre partout, je tiens le fer des deux côtés. Et le fourbe me brûle. Pas fort, mais quand même ! Je rebranche le traître et commence à repasser ma tunique blanche brodée. La pièce la plus pénible, mais la plus belle. Une tache a manifestement résisté au lavage. Une trace même. Une traînée maronnasse qui ne me dit rien de bon. A rajouter au tas « pressing ». Je repasse une serviette rose. Elle aussi est pleine de traces marron. Aurais-je un problème de machine à laver ? Je commence à stresser. Je fonce dans la cuisine, j’ouvre la machine, aucune rouille. Bon, ça ne vient pas de là. J’inspecte le tas de linge à repasser. Rien. Bizarre. Je relève la tête et là je vois l’affreux coupable. Mon fer n’est plus gris, il est marronnasse. L’eau l’a fait rouiller. J’apprendrais par la suite qu’il fallait de l’eau spéciale fer à repasser qui s’achète dans un rayon du shopi que je ne fréquente pas beaucoup… Bilan de l’opération : Un tas de linge toujours aussi impressionnant et 120 euros de tunique, serviette et fer à remplacer, de quoi payer 12 heures de repassage. Le premier qui m’accuse d’employer une femme de ménage par flemme, je lui repasse sa chemise.