Une période de remise en question terrible : Qui suis-je en cette saison ? Quelle mode adopter ? Marinière ou broderie anglaise ? Spartiates ou compensées ? Rock ou rétro ? Short ou bermuda ? Tant que je n’ai pas pris ces décisions cruciales, je n’ai vraiment rien à me mettre.

D’autant que dans mon armoire c’est Tchernobyl : J’ai voulu faire un tri, il n’y a plus que le vide. Mes vêtements de l’année dernière sont tellement has been que j’ose à peine les refiler à ma petite sœur. Mes fringues d’hiver me sortent tellement par les yeux que malgré la température limite glacière, je m’évertue à porter quasi quotidiennement mon premier et unique investissement printemps-été 2006 : Une robe Isabel Marant blanche en coton.

Heureusement j’ai un gros gilet en laine de yack épargné par Elle qui l’autorise assorti à une petite robe légère. Heureusement j’ai aussi, grâce à Vogue, la permission de garder mes bottes APC tout l’été si le climat le permet (à Paris, il y a des chances). Donc je ne vais pas mourir de froid tout de suite. Tant mieux me direz-vous.

Quoique, quelle belle mort que martyre de la mode ! Adulée par Karl Lagerfeld pour l’éternité, si ce n’est pas un rêve de journaliste de la presse féminine ça ? Mais revenons en au problème essentiel : les cintres vides du printemps. Oui, je sais c’est scandaleux. Des enfants meurent de faim, des bourgeons bourgeonnent et moi je ne pense qu’à m’acheter une nouvelle garde-robe. Seulement voilà, tous les matins ce spectacle de désolation dans mon placard, ça me fait mal au cœur. Alors scandaleux ou pas, je n’aurais qu’un cri : Vivement les soldes de presse !