"Mission : Impossible 3e
L'icône de Gmail venait de virer au bleu. Il savait que ce nouveau mail n'annonçait rien de bon :
l'agent Caroline avait encore frappé. Certes, les deux ** (**
http://www.lsjvd.com/dotclear/index.php/?2005/10/29/43-mission-presque-impossible)** dernières
fois **(http://www.lsjvd.com/dotclear/index.php/?2006/05/06/166-mission-impossible-bis-
repetita)** qu'il avait eu à faire à elle, elle habitait dans l'Est de la France et elle était blonde. Mais
elle portait déjà ce (pré)nom de code : Caroline
Soit ça, soit il avait sacrément pas de bol avec les Caroline, qui font rien qu'à lui demander de faire
des trucs impossibles.
Pour la troisième fois depuis son arrivée dans le monde des Services Secrets des Blogs, "Caroline"
allait lui demander l'impossible.
"L'idée : Chacune de mes "copines", "potes" qui a un blog écrit un billet qui reste dans le ton de
mon blog tout en s'inspirant du thème du sien"
D'un geste prompt, il classa le mail. Ben oui, cette histoire d'auto-destruction du message, c'est fini,
ça revenait trop cher de refaire les peintures et d'acheter un ordinateur à chaque fois. Les temps
étant durs et les budgets de production étant ce qu'ils sont, vous pouvez imaginer un "boum" si ça
vous chante, hein, vous privez pas, surtout. Ayè, on peut poursuivre ?
Hum. Donc. Dans l'esprit de son blog. Bien entendu, il avait parfaitement compris le sous-entendu :
elle partait probablement en vacances en douce, et elle avait besoin de quelqu'un pour bosser à sa
place et faire croire à la terre entière qu'elle n'avait pas quitté son poste. Alors, se mettre dans la
peau de Caroline : Mission Impossible pour le Lapin ?
Alors, oui, je sais que ce qui va suivre va définitivement me rayer de la liste des "célibataires de la
semaine". Au moins, vous serez prévenues.
1) La cible : un coeur à prendre
Mon regard a croisé le sien, l'espace d'un instant. A peine le temps de cligner des yeux et de passer à
autre chose. Pourtant, quelques minutes plus tard, son image me poursuit. Et si... Et si c'était elle...
Je veux dire ELLE... Immédiatement, mon esprit vagabonde sur d'improbables nuits torrides, où la
chaleur de nos corps se mélangerait, des nuits durant lesquelles je ne me lasserais pas de la caresser
et à la fin desquelles elle finirait à mes pieds, et moi, endormi.
C'est donc la bave aux lèvres et l'oeil torve que je tente discrètement de m'approcher. Le désir
monte, à tel point que je pourrais la prendre, là, direct. Enfin, l'attraper. D'autant qu'elle a l'air
presque offerte. Presque, mais pas tout à fait : 20 euros, prix public. Pas chère, la bougresse. Marché
conclu.
La suite se passe nécessairement chez moi. Principalement parce que j'ai besoin... D'accessoires...
Mon lit, par exemple... La couette aussi... Et... Un micro-ondes...
2) Les préliminaires
Les préliminaires, des fois, franchement, on en a pas le temps. Et il s'agissait un peu d'un de ces
moments-là. Je n'avais franchement qu'une envie, me mettre au lit avec elle. Pourtant, elle n'était
pas aussi pressée que moi, et ne semblait pas tout à fait prête. Je sentais bien que quelque chose
n'allait pas nécessairement bien. Et c'est là que j'ai compris... C'est vrai, c'est connu : un homme ne
comprend rien à ces petites choses. Ça reste un animal mystérieux, à tel point que par moments, on
a pas l'impression de parler la même langue. Là, question langue, pas de problème : elle en parlait 5,
à en juger par les tatouages sur son corps...
Alors je l'ai regardée... Je l'ai écoutée... C'était comme si je lisais dans un livre ouvert... C'est ça,
concrètement, je l'ai lue. Il fallait que je sois un peu attentionné, certes... Et que je place son coeur
au micro-ondes, une minute.
3) Les choses sérieuses
D'ailleurs, ce fut très simple de le sortir de son enveloppe rose. Tout comme l'y remettre une fois le
coeur bien chaud. La chaleur n'était pas intense, mais douce et diffuse, réconfortante, surtout après
avoir passé tant de nuits seul, dans ce grand lit froid... Je la place délicatement dans le lit, le temps
pour moi de prendre une douche. Pendant la douche, je ne pense qu'à elle, et je n'ai qu'une hâte : la
rejoindre sous la couette le plus vite possible. D'avoir eu le temps de préparer, j'aurais fait en sorte
que la lumière soit tamisée, qu'un fond musical nous mette tous les deux dans des conditions
propices, voire même qu'un verre de vin ou de champagne nous désinhibe un tant soit peu.
En fait, non, elle n'est pas là dans un esprit de séduction sexy. Il ne s'agit pas de l'histoire d'un soir,
comme ça, du genre où l'on se quitte au matin en disant "je t'appelle" alors qu'on a juste envie de
dire "ouf" une fois qu'elle a passé le pas de la porte. Là, j'ai clairement l'impression qu'elle est là
pour rester, qu'elle est même prète à ce que l'on commence tout doucement à construire une histoire
ensemble. Notre histoire. Alors, pas de chichi, je ne lui ferai pas le coup de mettre mes boxers
fétiches qui me font de jolies fesses (oui, bon, on peut rêver deux minutes, oui?). C'est en t-shirt que
je la rejoins en ayant pris soin préalablement d'éteindre la lumière. Parce que finalement, je sais que
c'est une petite chose délicate et qu'il ne faut pas que je la brusque. Elle me l'a dit, de fait, elle a eu
le coeur brisé. Comme moi. Nous sommes fait pour nous entendre...
Et pour la première fois depuis des mois, je savoure ce moment où, enfin, elle me fait un peu de
place dans le lit, et je m'allonge là où elle se trouve et profite de sa douce chaleur. Simplement ça.
Une douce présence.
C'était son air un peu triste de coeur brisé qui m'avait attiré, en premier lieu. Peut-être un peu trop
girlie à mon goût. Pourtant, c'est sans honte que j'en parle.
C'est une vraie révélation. Je l'avoue, j'ai acheté un jolie bouillotte en forme de coeur rose..."
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