Bon déjà le concept est douteux. Bottes et printemps ne font pas logiquement bon ménage.
Quand on pense printemps, on pense plutôt : Youpiiii ! Bientôt les sandales ! Mais après lecture de Numéro et Elle, j’étais bien obligée d’ouvrir un peu mon esprit étriqué : Ce printemps ne pouvait exister sans bottes.
C'est sur un modèle Karine Arabian que je jette mon dévolu. En passant devant la vitrine j'ai comme un flash : il me les faut.
Le flash ne me disait pas quoi porter avec, mais sur le coup je n'ai pas noté la supercherie.
J'entre dans la boutique et la vendeuse me regarde de travers.
Quand j'approche les bottes on dirait qu'elle va mordre.
Ce jour-là j’avais un tee-shirt Petit Rateau et un jean, alors fatalement je suis passée pour une plouc aux yeux de cette fille qui ne voyait défiler dans sa boutique que la crème de la mode. « Toutes les mannequins portent ça ! Et pas que dans les magazines » surenchérit-elle. Oui mais les mannequins sont canon, même en sac poubelle, ça ne veux rien dire ça.
J’essaye quand même mes bottines. C’est la dernière paire, elles en sont toutes folles.
Sans blague ? Beige et dorées, des bottes de sept lieues miniatures…
Ma parole mais elle ne vont avec rien ?! Et là, Céline, ma super coach shopping m’a mis K.O. avec cette phrase d’une efficacité redoutable : « Ce qui ne va avec rien, va avec tout ». Concept intéressant. Au point que je paye les 325 euros que la dame me demande. Sans réfléchir.
A part à cette nouvelle théorie. Je me vois en conférence devant un auditoire de filles ébahies faisant une démonstration formidable sur comment les pièces les plus inassortissables de leur garde-robe sont les basiques de demain.
Seulement, quelques heures plus tard chez moi, d'essayages infructueux en tentatives catastrophiques, j'ai mis le doigt sur la faille monumentale entre la théorie et la pratique…
































