A Fine Jewel, la fine fleur du bijou

Ancienne « tête pensante » du bijou chez Mugler puis Christian Lacroix, Emmanuel Aubry débarque aujourd’hui avec une collection de joaillerie au luxe discret, pointue sans y paraître : A fine jewel. Rencontre.

  • Sommaire
Emmanuel Aubry

Tu as toujours fait de l’accessoire?
Pa vraiment. J’ai commencé chez Thierry Mugler où je m’occupais des vêtements non textile, ce qui correspond aux objets en métal, plexi etc. Là bas j’ai découvert les artisans d’art, c’est à dire tous les métiers des coulisses de la mode qui viennent autour et avec le vêtement. J’ai été impressionné par ces savoir-faire et j’ai décidé de quitter le vêtement et de me focaliser sur les accessoires.

Et là tu as commencé le bijou ?
Pas encore. Au départ j’ai fait les chaussures, la maroquinerie, puis petit à petit je me suis mis aux bijoux. J’ai travaillé avec des ateliers tels que Goossens, Arthus Bertrand, qui m’ont fait découvrir la technique du bijou.

Bracelet



Tu es resté combien de temps chez Mugler ?

Je suis resté chez Mugler environ neuf ans ; c’était une époque fantastique. Thierry avait une idée très précise de là où il voulait arriver, de la silhouette imaginée.
Mais paradoxalement, on était extrêmement libre dans les propositions qu’on pouvait lui faire; la question était de le convaincre. Et si il était convaincu, il le faisait avec la même conviction que ses propres idées. J’y ai énormément appris. Mais après presque dix années chez Mugler, j’ai commencé à me questionner. Je voulais me renouveler, faire autre chose, et donc j’ai cherché ce qui pouvait être à l’opposé, en terme de mode, de l’univers Mugler. Et je me suis dis Christian Lacroix : je lui ai écrit et il a accepté! J’ai passé 10 ans avec lui, autour du bijou et de l’accessoire dur. Je me suis rassuré quand à mes capacités créatives et j’ai conçu une approche différente de la création.

EA



Et avec Lacroix ?

C’est un peu le même principe, avec un cadre beaucoup plus ouvert, plus souple, plus varié, plus pluriel, plus bigarré.
Thierry avait un univers très marqué très graphique, très visuel et défini dans ses références, alors que Christian aborde le style non par une silhouette ou une couleur, mais par une manière d’assembler les choses. Quelque part son talent réside dans l’art de réunir des choses qui à priori n’ont pas à l’être et qui finalement définissent son style.
Une façon iconoclaste d’assembler des couleurs, formes, références ; et il n’y a que lui qui peut le faire, ce n’est pas codifiable. Là où Thierry était un obsédé, Christian était un boulimique.

Ca a duré 10 ans avec Lacroix ?
Oui, jusqu’ à la fermeture.

Cela nous amène en 2010. Et là ?
Là je me suis retrouvé avec la possibilité de faire quelque chose pour moi. J‘ai mis les choses à plat et me suis organisé pour séparer mon travail en deux parties : d’un coté un travail de free lance pour des créateurs, des joailliers etc. ; et de l’autre la création de ma propre collection : A Fine Jewel, une ligne de bijoux mixte.

Bracelet 1



D’où vient justement le nom de ta griffe, pourquoi pas une marque éponyme?
En fait, j’ai conservé le « A », qui est à la fois l’initial de mon nom et le déterminant « a » en anglais, auquel j’ai accolé la définition de « fine jewel ».
A Fine jewel est la traduction anglaise de bijoux précieux, en opposition à la fantaisie.


Et le concept de cette collection ?

L’idée est de travailler sur une proposition qui s’inscrit dans la réalité de la mode et la réalité de la joaillerie. Je m’explique : aujourd’hui le bijou couture ressemble à du vrai et la joaillerie ressemble à de la fantaisie réalisée dans des matériaux précieux.

Etant un boulimique du bijou – cela fait des années que je me nourris d’histoire du bijou, et de la géographie du bijou– j’avais envie d’arriver à une sorte de croisée des chemins entre l’air du temps, mes envies du moment et la tradition joaillière qui renvoie à la culture du bijou. En somme, du bijou de mode mais qui s’inscrive véritablement dans une culture et une tradition joaillières, un savoir faire.

Ensuite, il y avait pour moi un autre paramètre essentiel qui était de travailler avec des maîtres joailliers, inscrire mon travail dans un patrimoine de savoir-faire et dans une localisation française. Non par patriotisme ou nationalisme, mais plutôt dans un vrai souci de perpétuer un patrimoine culturel ancestral et vivant. Surtout pas muséifié!

Mon troisième axe enfin consiste à me mettre à la disposition des clients: j’ai décidé de commencer en ne distribuant pas la collection en boutiques mais en la vendant directement au client final. Je ne voulais pas passer par une boutique ou les grands magasins. Là c’est les clients qui me contactent, ce qui me permet de faire fabriquer au fur et a mesure les pièces commandées, de les adapter à leur morphologie, de travailler sur les longueurs, les pierres, les diamètres.
Je fais une collection par an et crée des pièces uniquement en éditions limitées qui vont de 5 pièces pour certaines à 100 max pour d’autres modèles.

Collier



Quelles sont les influences ou joailliers qui ont bouleversé ton approche ?
Il y en a plein ! Les bijoux historiques grecs antiques, romains, les bijoux ethniques pré- colombiens, indiens, birmans, tibétains; toutes ces cultures sont très importantes pour moi.
Ensuite, dans l’histoire de la joaillerie, il y a Nitot, les fondateurs de la Maison Chaumet; il y a également des gens comme Buccellati, JAR( Joël Arthur Rosenthal ndr)qui est pour moi un anti-modèle hallucinant, les Fouquet, Boivin, Mellerio ; bref une foultitude de personnes !

Bague



Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, c’est très curieux, les joailliers nourrissent leurs propres tendances. C’est un microcosme qui est presque auto-suffisant en terme d’inspiration et de production.
Ensuite, il y a des gens comme Marie-Helene de Taillac qui change la donne en matière de proposition de produit et qui apporte une nouvelle offre. Il y’a aussi des gens plus confidentiels comme Belmacz par exemple en Angleterre. Mais au final, ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui les propositions se multiplient, et que du coup chacun peut se composer son propre vestiaire, ou du moins tout le monde n’est plus dans la proposition officielle comme on l’était avant.

Et le concept de cette première collection?

Cette collection là était particulière car c’est la première. Elle existe depuis juillet. Je tenais à parler du principe de conversion de l'idée du bijou ethnique mais remodelé par la main du maitre joaillier. Ce qui m’a intéressé, c’était de partir de formes ethniques du Chili, Birmanie ou d’ailleurs et d’en donner une lecture magnifiée par la tradition joaillière européenne, pour arriver à ce mixe entre un bijou qui peut paraître brutal mais reste éminemment délicat dans sa fabrication, son volume.
En terme de « silhouette », je suis parti de photos de gens qui m’inspirent, de Jeanne Balibar, Patti Smith, Maria de Medeiros, Audrey Fleurot.

B.O.



Et ta clientèle?
Il y a de tout tous les âges, toutes les catégories et j’en suis très content. On a des gens qui vont aussi bien chez des joailliers de la place Vendôme que chez Topshop. Mes bijoux ne s'inscrivent pas dans une simple approche consumériste; on les achète parce qu’on a envie d’autre chose, de plus personnel, confidentiel.
Mes prix vont de 390 euros pour une bague éditée à 100 pièces à 6000 euros pour un collier trapèze en diamant champagne édité à 10 pièces. Le panel est donc très large…

Et comment faire, du coup, pour acheter tes pièces?

Je suis vendu sur mon site : A Fine Jewel, mais j’organise aussi des ventes particulières dont on peut trouver les détails sur le site.

Bague 2



Et l’avenir, tu l’envisages comment ?
J’aimerais que mon approche d’édition limitée de maitre joaillier continue, et j’aimerais aussi travailler une collection diffusée en boutique, mais toujours à petite échelle. Une ligne travaillée autrement. En fait ce sera deux mises à disposition différentes aux clients. Mais mon objectif premier reste de parvenir à développer le sur-mesure dans les mois à venir.

 
Publié par Karim Zehouane, le 10 janvier 2012, 10:53 ( Contacter)
   
 

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